ta fille
du haut de ses quatorze ans. Déjà.
Quatorze ans que tu n'as pas vu passer.
Il te semble tout à coup, qu' hier encore, tu la berçais , adorable petit poupon joufflue, dans tes bras.
Tu regardes ce petit bout de presque femme avec fierté, elle pense tout savoir, avoir tout compris. Elle refait le monde avec des mots venus d'ailleurs,
les tiens peut être lorsque tu avais son âge. Et tu sens ton coeur qui se serre, car elle s'émancipe,
ta fille,
elle a besoin de liberté, elle voudrait déjà, du haut de ses traits enfantins, conquérir le monde.
En même temps, elle n'est pas la plus chanceuse des enfants,
ta fille.
Elle vit avec toi dans une cité hlm assez chaude. Mais tu fais de ton mieux pour survenir aux besoins de tes enfants. Tu ne comptes plus les heures de travail, les frayeurs de fin de mois lorsque le relevé bancaire tombe dans ta boîte aux lettres.
Ils sont ta force.
Et puis un beau jour,
ta fille,
elle veut absolument aller rendre visite à l'une de ses copines de classe. Ce n'est pas bien loin, la cité d'à côté. Tu n'es pas très rassurée, tu crains toujours un peu , pour la vie de ta fille, mais tu te dis qu'il faut qu'elle apprenne par elle même. Que tu ne pourras pas toujours te mettre entre elle et sa vie.
Tu la regardes par la fenêtre, s'éloigner en sautillant, sous le soleil, tournant ses beaux yeux clairs vers toi et te faire un bisou du bout des doigts.
Un bisou qu'elle t'envoie, un je t'aime murmuré que tu lis sur ses lèvres. Et ton coeur fond. Elle est encore ton grand bébé. Elle sera toujours.
Elle est heureuse de profiter de cette jolie journée,
ta fille.
Elle n'a pas classe cet après midi. Elle pense déjà à tous les petits secrets qu'elle va pouvoir confier à sa copine, son béguin pour A, le beau brun de sa classe.
Elle commence à se poser des questions
ta fille.
Oh tu lui en as parlé, des hommes, et des femmes, du sexe, disons que tu lui a expliqué le phénomène dans les grandes largeurs.
Mais comme toute adolescente, à cet âge, elle est curieuse, ta puce, impatiente.
Arrivée non loin de chez son amie,
ta fille,
elle a un doute, elle ne sait plus très bien quelle entrée est celle de sa copine. Elle voit un attrouppement de garçons, non loin de là, ils ont l'âge d'être dans sa classe, elle se dit qu'elle va aller leur demander.
Des rires fusent, mais ta fille ne voit pas les gestes et les coups de coude que les gamins se rendent, elle ne comprend pas les mots qu'ils se murmurent d'une oreille à une autre, parceque tu l'as bien éduquée, et qu'elle est innocente
ta fille.
Ils lui disent qu'ils vont la conduire jusqu'à chez N, sa copine, et elle leur fait confiance, ils n'ont pas l'air bien méchant..
Sauf, qu'arrivés au dernier étage, ils se jettent sur
ta fille,
l'agenouillent de force, en lui tenant fermement les bras et les cheveux, et l'un après l'autre
oh si tu savais, comme ils sont nombreux, ils glissent leurs sexes
dans sa bouche encore si enfantine.
Le pire, si tu savais, c'est qu'elle aime ça d'après eux , parceque c'est une petite pute, une allumeuse, que de toute façon elle avait une bouche à pipe.
Que c'est elle qui l'a cherchée.
ta fille ne se rebelle pas. Elle a peur, elle a la nausée, elle ne comprend pas très bien ce qui lui arrive. Et puis elle se dit que si elle fait tout ce qu'ils lui demandent, tous ces garçons qui l'entourent, ricanent et la frappent, ils la laisseront bientôt partir.
Elle est bien trop pure,
ta fille,
pour comprendre que ces hommes là sont des créatures sans nom, que l'on ne peut même pas qualifier d' animaux. Ce sont d'odieux pervers qui pensent pouvoir disposer du corps d'une femme / fillette comme ils l'entendent, parce que les hommes sont supérieurs aux femmes.
Ils lui arrachent ses vêtements,
à ta fille,
ce joli pull que tu lui as acheté pour son anniversaire, et qu'elle affectionne tant, se mettent à commenter et se moquer de ses formes de petite rose en bouton, et pendant que trois la tiennent, ils s'allongent l'un après l'autre sur
ta fille
la transperçant de leurs sexes furieux, haineux, arrachant sa chair, pourrissant son coeur.
Elle reçoit encore des coups
ta fille
parce que de temps en temps, elle oublie de dire qu'elle aime ça, qu 'elle adore ça, qu'elle ne sourit pas à l'homme qui la photographie sous toutes les coutures pour faire circuler, les photos de ta fille dans la cité,
la petite pute,
comme toutes ces bêtes la surnomment déjà.
Parce qu'il sont de plus en plus nombreux, là dans cet escalier à attendre , les SMS crient au ralliement, tous quémandent leur tour.
Et puis enfin, ils se lassent. Ils attrappent ta fille par les cheveux, lui disent de se rhabiller, et de dégager. De fermer sa gueule de petite pute.
Que tout ça c'est de sa faute. Qu'elle n'avait pas à venir dans la cité. Sur leur territoire.
Ta petite puce n'a plus la force de courir. Elle est à moitié nue devant toutes ces ombres qui ricanent, ces mains qui passent et appuient son corps au passage,
qui déposent leur propriété comme la brûlure du fer rouge.
On t'a eu. On t'a sali. On a tous les droits sur toi.
Ta fille a,
on ne sait comment trouvé le chemin de la police.
Dans la pâleur de son visage, auréolé ça et là de marques violettes et bleues,
les larmes voilent son regard, et elle tremble.
De honte. De froid. De peur.
Elle voudrait que tout ceci ne soit jamais arrivé. Elle ne supporte plus les regards sur elle et les mains bienfaisantes qui la frôlent, pour chercher d'éventuels indices.
Tu la récupères
ta fille.
Enroulée dans une grande couverture, sous les néons froids et blafards du commissariat. Tu n'arrives pas à y croire. Tu voudrais la serrer contre toi et la bercer comme quand elle était petite, mais elle te repousse.
Et tu t'aperçois que dans ses yeux, elle t'a déjà perdue. Elle a atteint un monde que tu ne soupçonnes même pas.
Elle est morte, dans ce corps meurtri.
Sali.
Puant de toutes leurs effluves .
Et tu ne pourras jamais remplacer son innocence. Jamais elle ne guérira .
Alors tu sens poindre une rage indescriptible. Tu voudrais tous les tuer, un par un. Mais il y a une bonne vieille justice dans ce pays. Alors tu décides de lui faire confiance.
Et ta fille décide de se battre, elle aussi du haut de ses quatorze ans.
Elle avance des prénoms, elle reconnait des visages. Elle raconte.
Elle s'éxorcise.
Ils sont arrêtés. Ils ne comprennent pas. Ils crient au scandale. Parceque rappelle toi, ta fille est une petite pute, elle était consentante.
Il sont des dizaines et des dizaines.
La foule scande à la vengeance. La foule jure qu'elle va brûler des voitures. Qu'il y aura des morts si on ne libère pas les violeurs de ta fille.
Ils ont crevé les pneus de ta voiture. Tu as reçu des lettres anonymes te menaçant de mort, toi ta fille, tes autres petits.
Tu te fais insulter dans la rue. Et tes enfants se font taper dessus à l'école.
Tu as décidé de partir.
Loin.
Une autre ville , une autre région, une autre école. Et tu pries. Tous les jours pour qu'ils ne vous retrouvent pas. Parce que tu crois en dieu. Encore. Tu ne veux pas que le calvaire recommence.
Car tu viens d'apprendre qu'ils ont presque tous été relâchés.
Tu as réussi à te procurer une arme... des fois que. Tu n'as plus confiance en la justice. tu as décidé que la prochaine fois, tu règlerais ça toi même.
il parait que ce n'était pas eux les coupables.
C' est ta fille.
C'est elle la petite Pute.
Ami lecteur, lectrice. Tu as compris que je ne parlai pas de ta fille. Je suppose que tu te sentiras d'autant plus touché si toi même tu as des enfants, tout comme moi.
Cette petite fille existe. Quelquepart en france elle se reconstruit.
Pendant que les violeurs et leur famille n'aspirent qu'à la vengeance et crient à l'injustice et au délit de sale gueule.
Un pervers est un pervers, qu'il soit blanc jaune ou noir. Moi je ne vois pas de racisme.
Je suis tolérante. sauf dans ce cas là. Je suppose qu'il ne faudrait pas que je sois au pouvoir. Je les ferai sans doute violer un par un.
Pendant des heures.
Tout en les faisant frapper par des brutes épaisses.
Je les jetterai en pature à une cour de taulards très bien renseignés.
En fermant les yeux. En faisant comme si je n'entendai pas leurs cris.
Et en hurlant moi aussi que c'est de leur faute, c'est eux les salauds, les pervers les tueurs d'innocence. Qu'ils soit damnés.
On les castrera sans anesthésie .
La justice est injuste. Que les hommes ont des lois qui me semblent totalement incompréhensibles.
On pourra me dire que justement c'est ce qui différencie les hommes des animaux.
mais ce genre d'hommes est bien trop répugnant pour être ne serait ce que comparé au monde animal.
L' animal est très pur. il est incapable de cruauté.
Pourquoi. Pourquoi traitons nous les violeurs d'enfants avec tous les égards qui leurs sont dûs puisque appartenant à la condition humaine ?
eux qui ne savent même pas ce qu'est le respect ?
Eux qui pensent pouvoir disposer d'une vie comme on s'approprie une bière. Sans remords.
Pourquoi laisse t' on les victimes, cassées ? Pourquoi protége t'on les coupables et laissons mourir les innocents ?
dîtes moi...
c'est ça la France ?
J' ai honte.

